Pourquoi il faut sortir progressivement du fonds en euros
Il a longtemps eu les faveurs des épargnants. Pourtant le fonds en euros des contrats d’assurance-vie voit de plus en plus de Français lui tourner le dos. Au cours des cinq premiers mois de 2015, il n’a recueilli que 46 % de la collecte, les investisseurs lui préférant les unités de compte.
La raison en est simple : les rendements de ces fonds en euros ont baissé drastiquement ces dernières années. Tout comme ceux des obligations d’Etat, dans lesquels ils sont majoritairement investis : alors qu’ils offraient jusqu’à 4,8 % de coupon en 2008, leur rendement est aujourd’hui de… 1.23 %, après avoir atteint en avril un plus bas de 0.27 %. Et si certains fonds ont encore pu distribuer plus de 3 % d’intérêts en 2014, c’est grâce à la présence dans leur portefeuille de vieilles obligations, nettement mieux rémunérées. Avec elles, ils pouvaient doper les intérêts servis à leurs souscripteurs. Seul problème, ces obligations anciennes arrivent progressivement à échéance et il faut les remplacer par des obligations actuelles, à bas rendements.
Dans ce contexte, que faut-il faire ? La réponse est claire : pour toutes les sommes qui peuvent supporter une perte, c’est-à-dire celles dont on n’a pas besoin dans les trois années qui viennent, il faut penser aux unités de compte. A condition d’avoir souscrit un contrat qui autorise l’architecture ouverte, c’est-à-dire qui ne se cantonne pas aux fonds communs de placement d’un seul établissement, la palette des fonds offerts par l’assurance-vie est infinie. Tous ne sont pas exclusivement investis en actions. Certains offrent même une allocation très prudente.
La nouvelle équation est simple : le bon rendement sans risque n’est plus. Pour avoir du rendement, il va falloir accepter de s’exposer un peu plus.
